Une journée-type à la SPA et ce que le public ne voit pas...


Lors du précédent billet, vous avez fait connaissance avec Sabine et Blandine, ces deux super nanas agents animaliers spécialisées chats au refuge de la SPA de Hermeray.

Aujourd’hui, vous allez découvrir à quoi ressemble une de leur journée-type (à elles et leurs collègues des chatteries) et, surtout, ce que vous, public, ne voyez pas et êtes loin d’imaginer lorsque vous vous rendez au refuge...

(Toutes les photos présentes dans cet article ont été prises par les agents animaliers. Tous les chats des photos ont été adoptés - sauf Félix comme précisé sur la photo concernée)


Moment câlin entre Trombone et Blandine / Moment de jeu entre Abraxas et Sabine


Une journée “normale”, ça commence fort dès le matin : les filles et leurs collègues effectuent le ménage et le nettoyage des boxes de chaque petit protégé (entre autres) ! Et quand on sait qu’actuellement il y a 70 chats qui attendent une famille au refuge, imaginez le travail ! La capacité des chatteries est de 80 chats mais celle-ci peut être largement dépassée lors des périodes de grande affluence…

Quelques pensionnaires du refuge (chatterie des chats Calicivirus - Félix, en haut à gauche, attend toujours sa famille)


“Nous changeons les litières et les gamelles tous les jours, nous faisons la vaisselle , nous les faisons tremper dans la javel pendant au moins 20 minutes et nous les préparons pour le lendemain. On désinfecte chaque box tous les jours.” explique Sabine.

Le ménage ne se limite pas aux boxes, on nettoie aussi les sols de chaque chatterie” ajoute Blandine, “après tout cela, on nourrit (attention aux régimes spéciaux !) et on effectue les soins des chats qui sont malades ou en ont besoin. On fait aussi le plein de dodos, serviettes, litières et croquettes pour chaque salle.”


De gauche à droite :

Geox surveille le ménage, de l'aide pour la lessive, Sabine travaille un chat craintif avec un assistant félin et Brésil prend de la hauteur pour inspecter la propreté de la chatterie.


L’après-midi, pas le temps de souffler non plus puisqu’en plus de l’accueil des adoptants quand le refuge est ouvert (tous les jours sauf le mardi), les agents animaliers doivent gérer une nouvelle fois les soins, l’arrivée de nouveaux chats et effectuer d’autres missions...

Sabine : “Après la pause déj (quand on a le temps d’en prendre une), on repart pour une tournée de soins pour les chats qui en ont plusieurs fois par jour, notamment pour les traitements des yeux, le gavage, la réhydratation des chats très malades, etc... Nous pouvons aussi prendre en charge l’arrivée des animaux de fourrière ou des transferts d’autres refuges/ associations, éventuellement des chatons (de plus en plus nombreux…) Pour les chats adultes qu’on nous dépose, nous vérifions s’ils sont identifiés ; si c’est le cas, nous contactons les propriétaires, si ça ne l’est pas nous faisons intervenir la fourrière… Nous faisons beaucoup de rangement en plus de tout cela”. Blandine ajoute : “Nous prenons en photos les derniers arrivés pour leur mise à l’adoption sur le site internet et on les emmène voir le vétérinaire. Parfois il nous arrive aussi de répondre au téléphone pour renseigner les gens sur nos petits protégés ou leur apporter nos conseils.


De gauche à droite :

Contrôle de mesure de glucose pour Tango (diabétique), Séance biberonnage d'Evinrude en famille relais, Berlioz portait une attelle pour permettre la perfusion de passer


En fin de journée et avant de partir, les agents refont une dernière tournée de soins et vérifient qu’il y a assez d’eau et de nourriture pour les pensionnaires avant de fermer les salles jusqu’au lendemain...

Blandine le dit bien : “Une journée type, c’est…épuisant !!!”. Sabine ajoute que leurs journées “réservent souvent des surprises, parfois bonnes ou, malheureusement, mauvaises”. Quand je vous disais qu’il ne suffit pas d’aimer les chats pour faire ce métier, je pense que vous vous en rendez un peu plus compte à la lecture de cet article. Les journées durent en moyenne 8 heures et peuvent aller jusqu’à 9h le week-end...


A gauche, Sabine en tête à tête avec Ouréa lors de son shooting photo pour illustrer son annonce à l'adoption sur le site du refuge

A droite, Nathalie joue avec des chats craintifs, récupérés lors d'une saisie, afin de les détendre et de les socialiser de façon positive à l'humain.


Au-delà de ce dur labeur, j’ai demandé aux filles ce qu’elles voudraient que le public sache mais qu’il ne voit pas lors des visites au refuge

“Les fous rires dans l’équipe, les joies lorsqu’un chat nous donne sa confiance, l’excitation lorsqu’on crée quelque chose pour le bien-être des chats ou pour favoriser leurs adoptions. A contrario, le fait que les soins sont parfois tellement nombreux qu’on a l’impression que ça ne finit jamais, les décès sont toujours aussi tristes et désespérants, les casses-têtes pour accueillir toujours plus de chats, et puis la fatigue et l’épuisement qu’on peut ressentir parfois…” répond Blandine.

Sabine rajoute : “Le public ne voit pas le ménage que nous effectuons au quotidien pour que nos amis félins soient dans de bonnes conditions d’hygiène et pour recevoir les adoptants dans un endroit propre. Derrière les séances shooting photos, nous faisons un gros travail à la maison pour imaginer des décors afin de mettre en scène nos minous pour les proposer à l’adoption. Il y a aussi nos moments de grande fatigue mentale et physique notamment lors de la saison des chatons (qui cette année a été catastrophique). Et puis, il y a nos doutes et nos pleurs face à certains chats qui se retrouvent derrière nos murs car ils ont été abandonnés, ou ils se sont retrouvés en fourrière ; ils sont parfois terrorisés par la situation et le contexte (même si nous essayons au maximum de rendre cette case refuge moins pénible pour eux). Certains chats peuvent déprimer et se laisser mourir... On se retrouve confronté à la maladie et, pendant plusieurs jours voire semaines, nous mettons toute notre énergie pour sauver les malades ; nos vétérinaires au refuge veillent au grain et dans les cas qui nécessitent une surveillance beaucoup accrue (cas très graves), nous envoyons les chats en hospitalisation dans des cliniques vétos mieux équipées. Malheureusement, et c’est très rare, il nous est déjà arrivé de perdre certains de nos pensionnaires… Le pire c’est notre impuissance face à tout cela et à la cruauté de certains humains. Il faut savoir que nous côtoyons beaucoup de misère animale mais aussi de la misère humaine...”.


De gauche à droite :

Blandine et Tipex, Balade de toute l'équipe du refuge lors du confinement, Sabine et Nathalie aménagent la communauté extérieure, Séance câlin avec les chats Calicivirus


Pas super gai tout cela, me direz-vous… Oui mais c’est la triste réalité… Même si toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire, je pense que celles-ci, reflétant le quotidien des agents animaliers, sont importantes et doivent être partagées pour que chacun puisse se rendre compte de l’impact que l’abandon, la maltraitance, et la misère féline peut avoir sur les chats mais également sur les humains qui travaillent tous les jours à tenter d’améliorer leur bien-être alors qu’ils attendent un foyer bien à eux…

Si j’ai choisi de réaliser cette série d’articles (et je sais que je me répète mais), c’est avant tout pour ouvrir les yeux et sensibiliser chacun au fait que la vie de refuge est difficile (aussi bien pour les animaux et que pour les agents animaliers).

Si vous souhaitez adopter en refuge, pensez-y lorsque vous vous y rendrez et n’oubliez pas tout ce que représente le travail des agents animaliers en face de vous, et respectez-le (respectez-les !).


Mickey et Boy, deux anciens pensionnaires du refuge


Sur ces bonnes paroles, j’espère que vous en avez appris un peu plus sur les coulisses du refuge et le travail des agents animaliers. Dans le prochain article, dans 2 semaines, nous parlerons du rôle de la famille relais et feront un petit focus sur les chatons.

Restez connecté.e.s !


Très belle journée à tous, chers humains et félins 😽



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